A copier 100 fois

A copier 100 fois

A copier 100 fois

Sarbacane / 2013

Auteur·rice : Antoine Dole

Résumé
Le contenu

« Papa m’a dit 100 fois comment il fallait que je sois. Qu’un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire. Mais papa n’est pas là quand Vincent et ses potes viennent me chercher des crosses dans la cour. J’me prends des baffes, des coups de poing, et je dis rien, je serre les dents. J’en parle pas. »
La vie de ce garçon de treize ans est en enfer. Au collège, il est le souffre douleurs d’une bande de garçons qui, parce qu’ils le sentent différent, l’insultent, le traitent de « pédé » et le martyrisent. A la maison où il vit seul avec son père, il se tait, il ment, il a tellement peur de décevoir ce père qui ne cesse de lui donner toutes sortes de « bons » conseils. Le silence est une chape de plomb et il ne fait que subir sa vie. Seule son amie Sarah le défend, le comprend, l’accompagne et, parfois, le fait rire. Comme ce jour où elle lui dit : « Tu sais, moi aussi j’aime les garçons. » Ces quelques mots sont libérateurs. Il doit trouver le courage de parler à son père et lui avouer qui il est vraiment.
Ce court texte (50 pages bien denses) possède le souffle des grandes émotions et se lit d’une traite. Il porte un regard très juste et aiguisé sur la difficulté d’être homosexuel à un âge où l’on se cherche et où il est difficile d’accepter sa différence. Il montre aussi les ravages de l’homophobie, le pouvoir malfaisant ou apaisant des mots. Les phrases sont tendues à l’extrême et chaque mot est à son exacte place. Les personnages principaux, le narrateur, Sarah la lumineuse, et le père, sont emprunts d’une belle humanité.
Un texte à partager avec les ados, qui peut susciter débats et réflexions, et donner des clés essentielles pour mieux vivre sa différence.

Chaque année en France, 540 000 jeunes tentent de mettre fin à leurs jours.
Un jeune homosexuel sur quatre tente de se donner la mort dans les années qui suivent la découverte de son orientation sexuelle.

Catherine Gentile

Ce texte est prévu pour la lecture à haute voix.

Nous avons demandé à Antoine Dole d'imaginer "Dix raisons de ne pas lire "A copier cent fois".
Nous avons publié sa réponse sur notre page Facebook.

La voici :

10 bonnes raisons de ne pas lire « A copier 100 fois »

1/ Parce que dépenser 6 euros pour un livre, hors de question ! A ce prix-là on peut acheter des choses bien plus utiles, comme deux balles anti-stress, une pour chaque main. Ou un masseur de tête (mais attention de ne pas se crever un œil avec … sinon après il faut payer l’ophtalmo, les bandages, etc, et du coup c’est sûr qu’un livre à 6 euros c’était plus rentable, mais passons … ).

2/ Parce que la couverture est colorée et donc très dangereuse pour les personnes sujettes aux crises d’épilepsie.

3/ Parce que « A copier cent fois » ça pourrait tout aussi bien être le titre de l’autobiographie d’une photocopieuse de bureau, ou l’épitaphe de votre imprimante décédée l’année dernière.

4/ Parce que le héros du roman n’a même pas de prénom. Franchement, on le paie à quoi l’auteur de ce roman ?

5/ Parce que Antoine Dole est aussi auteur de bandes dessinées sous le pseudonyme Mr Tan, et que Mortelle Adèle c’est quand même vachement plus drôle que cette histoire de gamin pris pour cible par ses camarades d’école parce qu’il est « différent ».

6/ Parce que si vous cherchez un livre de coloriage, c’est le rayon d’à côté.

7/ Parce que plein de gens préfèrent oublier que chaque année, des milliers de tentatives de suicides ont lieu chez les adolescents faute pour eux de trouver l'écoute ou le dialogue qui leur permettraient de comprendre ou de mettre les mots justes sur ce qu'ils ressentent. C’est pas très « Feel good » tout ça…

8/ Parce que « Ce qui ne nous tue pas » le prochain roman d’Antoine Dole sort le 14 janvier chez Actes Sud Junior, et que si vous aimez « A copier 100 fois » il faudra attendre plusieurs loooongues semaines avant de découvrir un nouveau texte de l’auteur !

9/ Parce que les dix bonnes raisons de ne pas lire « Sweet Sixteen » de Annelise Heurtier vous ont quand même donné envie de lire son livre alors cette fois vous ne vous ferez plus avoir !

10/ Parce qu’on est dans un pays libre non mais oh, on fait quand même ce qu’on veut hein.


Bon on blagouille mais quand même hein, j'espère que vous jetterez un oeil à ce texte avant de décider si c'est une bonne chose ou pas de le lire. En tant qu’auteur, on passe la majeure partie de nos vies à chercher comment nommer les choses, les définir. Les rencontres avec les lecteurs suite à la parution d’un ouvrage me font prendre conscience, chaque fois, à quel point la bonne phrase, au bon moment, peut suffire à dévier une trajectoire, à bouleverser une vie.
Les débats autour du Mariage pour tous étaient, sont et seront encore un moment sans doute, d'une violence rare. Je me demandais ce que peut ressentir un ado en pleine réflexion sur lui-même, seul devant ces évènements. Comment est-ce qu’on se construit quand les autres nous reprochent d’être qui l’on est, et qu’on a l’impression que son propre père préférerait que l’on soit quelqu’un d’autre ? « A copier cent fois » parle de ces discours qui font parfois plus mal que les claques, de ces mots qui sont parfois plus douloureux que des coups. Mais je voulais aussi que « A copier cent fois » soit la preuve que cent mensonges qu’on nous raconte ne font pas forcément une vérité. La vérité d’être qui l’on est. L'acceptation de soi.

Antoine Dole (18 octobre 2013).



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