Au bord de la ville

Au bord de la ville

Au bord de la ville

Syros / 2011

Auteur·rice : Roland Fuentes

Résumé
Le début

"Au bord de la ville, la nuit s'étale avec un pinceau. Son noir n'est pas très pur. Il se diffuse un peu de blanc et de jaune à l'intérieur, reflets de lumières lointaines dilués comme sur du papier buvard.
Devant la masse compacte de la ville, on distingue des hautes tours, très blanches. Vues d'ici, depuis nos cabanes, ces tours ressemblent à des dents gigantesques qui crèvent la peau de la nuit.
Une ville, c'est vorace. Parfois, je me dis que ça pourrait manger le ciel."

Le contenu

Il y a la Ville, au loin, sorte d’entité mystérieuse où dominent les tours blanches, où l’on s’agite.
Il y a le terrain vague, où sont établis Sylvère et sa petite communauté où, dans de mauvaises cabanes, les gens vivent en autarcie de soupes d’orties et de mûres. On ne possède rien, sur le terrain vague, et la Ville fait peur. On dit qu’elle dévore les gens, et les curieux qui s’y aventurent et qui en reviennent, les Revenus, sont transformés à jamais.
Pourtant Podagre, le curieux, le meilleur ami de Sylvère, s’en va un jour à la Ville. Quelque temps après, Sylvère et son amie Abilèn tentent l’aventure à leur tour et traversent le tunnel dangereux à cause de la concentration de gaz toxiques qu’il renferme. Les deux adolescents découvrent un autre monde et rejoignent une communauté de clandestins vivant dans un groupe d’immeubles désaffectés, La Belle Dentellière, où l’on s’aide et l’on partage. Ils y apprennent les codes de la Ville et le sort que l’on réserve aux gens comme eux, qui n’ont pas d’existence légale. Ils y apprennent aussi la notion essentielle sur laquelle repose tout le système : le verbe « donner » est ici prohibé. A la ville, tout se gagne et s’achète avec de l’argent. Il faut donc travailler pour le gagner. Le choc est rude pour ces adolescents qui n’ont jamais rien possédé, ils ont du mal à comprendre cette logique, à accepter que les communautés vivent repliées sur elles-mêmes. Pourtant, certains voudraient changer les choses ; Sylvère et Abilèn vont en être.
Roland Fuentès signe là un roman d’anticipation très efficace, qui est aussi une utopie politique intéressante. Le monde où il installe ses personnages, avec ses clivages très marqués, c’est le nôtre, qui possède ses exclus et ses dirigeants, ses zones résidentielles et ses bidonvilles. En forçant un tout petit peu le trait, il amène le lecteur à s’interroger sur le fonctionnement de notre société, sur ce qui la fonde : le travail, l’argent, la consommation à outrance ; sur l’asservissement que cela entraîne, sur l’exclusion, sur des solutions plus alternatives aussi. A faire lire et méditer.

La piste :

Vous êtes journaliste et travaillez dans la Ville.
Vous devez écrire un article présentant la Ville de manière positive, qui paraîtra dans le journal "officiel" de celle-ci.

Vous êtes journaliste et sympathisant des habitants des terrains vagues.
Ecrivez un article présentant la Ville telle qu'elle est réellement, en en dénonçant les travers.



14,90 euros
2012
3è / Lycée
Science Fiction
Roman