Nassim de nulle part

Nassim de nulle part

Nassim de nulle part

Syros / 2003

Auteur·rice : Christian Neels

Résumé
PREMIERES LIGNES
"Les bombes ! Le bruit fracassant et les éclairs sur les visages terrorisés. Nuit après nuit. Ils se disaient : "Ce n'est pas possible, ça ne peut pas durer !" Mais le tonnerre n'a pas cessé et ils ont dû fuir. Tout abandonné. Avec la peur au fond de la gorge. Jetés par milliers sur les routes. Marcher sans fin, tout emmêlés. Et le feu qui les poursuivait jusqu'à les hâcher par familles entières."


RESUME:
Nassim est un jeune réfugié qui vit dans un foyer de la région parisienne en attendant que ses parents le rejoignent. Personne ne sait d'où il vient. Il ne parle pas la même langue, il ne s'habille pas comme les autres. Dans l'école qu'il fréquente, il y a deux clans : les « cités » et les « pavillons ». Mais Nassim n'appartient à aucun des deux. Il ne participe pas à la tapette, un jeu de cartes, à la récréation. Jusqu'au jour où le narrateur lui propose une alliance. Commence alors un début d'intégration : Nassim, lui aussi, possède quelques-unes unes de ces précieuses cartes. Mais Nassim s'en moque. Il n'attend qu'une seule chose : que ses parents le rejoignent. Les bagarres entre les deux clans, le vol de cartes, tout cela lui paraît futile. Pourtant la tension monte entre les « pavillons » et les « cités » et rien ne semble pouvoir l'apaiser. Jusqu'à ce que Nassim révèle l'incroyable vérité : les deux chefs sont de mèche pour entretenir l'animosité et accumuler le plus grand nombre de cartes qu'ils s'échangent tranquillement, le soir après l'école. Tous vont se mettre d'accord pour se venger des traîtres. Le calme revient sur la cour de récréation. Enfin Nassim quitte l'école : ses parents sont là et partent pour un autre foyer pour réfugiés.

CRITIQUE:
Un roman simple sur la difficulté de s'intégrer quand on ne partage pas la même langue, la même culture et qu'on est déraciné, séparé des siens. Nassim ne comprend pas les préoccupations de ses camarades de classe. Lui qui vient d'un pays en guerre, comment peut-il accepter que de simples cartes de jeu soient un enjeu d'une telle importance pour les autres ? Leur mépris et leur violence à son égard lui rappellent les souffrances vécues. Car la difficulté de s'intégrer n'est pas seulement une question de langue : elle vient aussi du rejet des autres, de leur réticence à accepter l'étranger parce qu'il fait peur. La rivalité des deux clans est comme un écho à cette peur : les deux milieux sociaux ne parviennent d'abord pas à s'entendre parce qu'ils se considèrent comme différents et refusent de chercher plus loin. La présence dans leur classe de Nassim sera pour eux une belle leçon de tolérance.

PISTES D'ECRITURE:
Piste n° 1:
Imaginez la première journée de Nassim à l'école. C'est Nassim qui raconte. Il faut donc écrire à la première personne ce qu'il ressent, exprimer le rejet ou la curiosité des autres élèves, dire ses impressions sur ces élèves ainsi que le rapport avec le maître.

Piste n° 2:
Racontez le départ de Nassim de son pays en guerre et son voyage jusqu'en France.Le récit peut être écrit à la première ou à la troisième personne.
J.S.
collection "Tempo"
2004
Cycle 3
Société
Roman